Définition
La lipoaspiration permet de supprimer radicalement et définitivement les surcharges de graisse localisées. Ces surcharges graisseuses localisées ne disparaissent pas, en règle générale, malgré un régime alimentaire ou l’exercice physique.
Par contre, la lipoaspiration ne constitue pas une méthode d’amaigrissement et son but n’est donc pas de maîtriser le poids du patient ou de la patiente : ainsi une lipoaspiration correctement réalisée ne fera pas faire l’économie d’une amélioration de l’hygiène de vie. La lipoaspiration ne constitue pas le traitement de l’obésité.
Le but de l’intervention
consiste à aspirer des localisations graisseuses en excès afin de modifier la silhouette. Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque le 3 conditions suivantes sont réunies :
- Surcharge graisseuse localisée (et non diffuse)
- Peau suffisamment élastique (pour pouvoir se rétracter correctement)
- Poids voisin de la normale. La lipoaspiration ne permet en aucun cas de traiter une surcharge pondérale ou une obésité. La variation du poids constatée après l’intervention est d’ailleurs bien souvent minime voire nulle.
La lipoaspiration est habituellement pratiquée dans le service sous anesthésie générale. Toutefois, des aspirations très localisées peuvent parfois être pratiquées sous anesthésie locale.

Avant l’intervention
- Consultations
• 2 consultations de chirurgie espacées de 15 jours au moins sont obligatoires avant tout acte de chirurgie esthétique.
• Une consultation d’anesthésie est obligatoire plusieurs jours avant l’intervention.
• Des photographies médicales sont toujours réalisées.
• Selon la localisation aspirée, un vêtement compressif vous sera prescrit le plus souvent.
- Période d’indisponibilité
Prévoyez une période d’indisponibilité professionnelle de 2 à 7 jours environ après l’intervention, car aucun arrêt de travail ne pourra vous être prescrit. De plus, l’ensemble des frais encourus est à votre charge puisqu’il s’agit d’une intervention purement esthétique.
- Consignes médicales
Les consignes médicales systématiques les plus importantes sont les suivantes :
• Arrêt strict du tabac 2 mois avant l’intervention, pour réduire le risque de nécrose cutanée.
• Arrêt de la prise d’aspirine, d’anti-inflammatoires, ou d’anti-coagulants oraux dans les 15 jours qui précèdent l’intervention, pour réduire le risque hémorragique.
• Arrêt de la contraception orale 1 mois avant l’intervention, pour diminuer le risquethrombo-embolique.
L’intervention
- L’intervention se déroule sous anesthésie générale, et dure habituellement entre 1 et 2 heures.
- Vous êtes hospitalisé(e) le matin de l’intervention à 7h30
- Vous devez impérativement être à jeun depuis minuit (y compris pour l’eau et le tabac).
- Surveillance
Une surveillance a lieu en salle de réveil d’abord, puis dans votre chambre.
- Pansement
Le pansement a pour but de comprimer les zones décollées pendant les premiers jours. Il peut être remplacé par un vêtement compressif en tissu élastique, que vous aurez acheté avant l’intervention, et qui doit être conservé jour et nuit pendant 2 à 4 semaines
- A votre sortie…
• La sortie de l’hôpital n’est généralement possible qu’à partir du lendemain de l’intervention. Il est recommandé qu’une personne accompagne votre retour à domicile.
• Plusieurs consultations de contrôle sont réalisées, environ 1 mois, 3 mois, 6 mois et 1 an après l’intervention.
• La période d’arrêt des activités sportives est de 2 mois environ.
- Hygiène et fils
• Lorsqu’ils ne sont pas résorbables, les fils sont retirés entre 1 et 3 semaines après l’intervention.
• La première douche est autorisée le lendemain ou le surlendemain de l’intervention.
- Effets secondaires
De façon classique et habituelle, il existe pendant les premières semaines ou les premiers mois qui suivent l’intervention :
• un oedème (gonflement) des régions aspirées. D’importance variable, il peut être asymétrique. D’importance maximum vers le 7ème jour, il persiste pendant environ 3 mois. Cela explique que le résultat de la lipoaspiration ne peut pas être apprécié avant 3 mois au moins.
• des ecchymoses (”bleus”), souvent asymétriques. Elles persistent pendant quelques semaines, et au moins 15 à 21 jours.
• des douleurs des zones aspirées, à type de contusion, sont fréquentes. Elles sont bien soulagées par les traitements antalgiques simples. Il est rare que ces douleurs persistent plusieurs semaines.
• des troubles sensitifs, une sensation d’engourdissement peuvent exister et persister pendant plusieurs mois au niveau des zones aspirées.
- Les complications générales de la chirurgie
il faut insister sur le risque thrombo-embolique, qui est le plus grave :
• Accidents thrombo-emboliques (phlébite, embolie pulmonaire) : pouvant être mortels. Leur risque de survenue est augmenté si vous avez déjà eu de tels accidents auparavant. L’arrêt de la pilule un mois avant l’intervention, le port de bas antithrombose, le lever précoce et un éventuel traitement anticoagulant peuvent contribuer à réduire ce risque. Il est recommandé de ne pas rendre
l’avion pendant les 6 semaines qui suivent l’intervention, et de ne pas prendre de vol long courrier pendant 12 semaines.
• Les saignements sont rarement importants, mais ils peuvent au maximum nécessiter des transfusions sanguines. Il peut s’agir soit d’un saignement extériorisé, soit d’un hématome. Dans les deux cas, il est possible qu’une reintervention sous anesthésie générale soit décidée, et qu’elle conduise à augmenter notablement la longueur des cicatrices (incisions supplémentaires pour
découvrir l’artériole responsable du saignement).
• L’épanchement lymphatique, qui peut apparaître plusieurs semaines après l’intervention et peut conduire à des ponctions répétées et/ou à une réintervention pour drainage, qui augmente la rançon cicatricielle.
• Les nécroses cutanées localisées, qui prolongent de plusieurs semaines la durée de la cicatrisation, et laissent des cicatrices larges.
• L’infection, possible, est rare, mais peut être très grave (dermo-hypodermite, fasciite, gangrène).
• Modifications de la sensibilité : à type d’engourdissement, d’hypersensibilité, ou de sensations “bizarres” dans la région opérée, ces modifications sont fréquentes et disparaissent habituellement, au moins partiellement, avec le temps (plusieurs mois ou années selon les cas).
- Les complications spécifiques
En fait, les complications spécifiques de la lipoaspiration, qui sont de loin les plus fréquentes sont surtout de nature esthétique :
Corrections insuffisantes et/ou asymétries, qui peuvent parfois nécessiter des retouches chirurgicales sous anesthésie locale ou générale selon les cas.
• Corrections excessives, dépressions, irrégularités de surface, aspect inégal de bosses et de vagues, relâchement cutané, aggravation du phénomène de “peau d’orange”, qui peuvent être définitives.
• La peau peut ne pas se rétracter harmonieusement et présenter des plis excédentaires après la lipoaspiration. Cela ne peut être traité que par une excision cutanée, donc avec des cicatrices supplémentaires importantes.
• Très à part, les embolies graisseuses, exceptionnelles. Elles correspondent à une migration d’amas graisseux libérées dans la circulation sanguine et provoquent des nécroses douloureuses au niveau des extrémités.
Les risques
Tout acte médical, investigation, exploration, intervention sur le corps humain, même conduit dans les conditions de compétence et de sécurité conformes aux données actuelles de la science et à la réglementation en vigueur, expose à un risque de complication. Les risques liés à l’anesthésie générale vous seront expliqués par le médecin anesthésiste lors de votre consultation. Comme toute intervention chirurgicale, la lipoaspiration comporte des risques :
Les cicatrices
Comme pour toutes les interventions chirurgicales, il existe des cicatrices. Les cicatrices de lipoaspiration sont toujours très courtes, mais elles peuvent être larges ou hypertrophiques, de façon imprévisible. Elles peuvent parfois nécessiter une retouche chirurgicale ou un traitement propre.
- Définitives et indélébiles ?
Comme toutes les cicatrices, elles sont définitives et indélébiles. Leur aspect peut être rouge et visible pendant plusieurs mois. Elles doivent être protégées du soleil pendant 1 an environ
pour éviter le risque de pigmentation définitive.
Il faut attendre au moins 12 mois pour juger de l’aspect définitif des cicatrices, qui est habituellement très discret, mais totalement imprévisible.